Faune des Canaries : comment éviter les morsures et piqûres lors de vos randonnées et baignades
Guide pratique pour identifier et éviter les espèces animales potentiellement dangereuses aux Canaries lors de vos randonnées et baignades.
Partir aux Canaries offre une parenthèse entre volcans, plages de sable fin et forêts de lauriers. Si l’archipel est réputé pour sa douceur de vivre et l’absence de grands prédateurs, sa faune locale et certaines espèces invasives méritent une attention particulière. Que vous soyez randonneur sur les sentiers de Tenerife ou baigneur sur les côtes de Fuerteventura, connaître les quelques spécimens capables de gâcher vos vacances permet de profiter du voyage en toute sérénité.
Les espèces terrestres : vigilance dans les zones arides et rocheuses
Les Canaries ne cachent pas de serpents venimeux indigènes. Cependant, le climat subtropical favorise la présence de certains arthropodes dont la morsure ou la piqûre peut s’avérer très désagréable.

Le scolopendre canarien (Scolopendra canariensis)
C’est l’animal le plus impressionnant que vous pourriez croiser au détour d’un sentier de randonnée ou sous une pierre. Ce mille-pattes géant, qui peut atteindre une vingtaine de centimètres, possède un corps segmenté d’une efficacité redoutable. Sa morsure est extrêmement douloureuse, comparable à celle d’un frelon, et peut provoquer un œdème local important, de la fièvre et une grande fatigue pendant 24 à 48 heures.
L’observation de cet invertébré révèle une anatomie précise. Chaque segment de son corps est une structure rigide articulée avec une souplesse latérale surprenante. Cette architecture lui permet de se faufiler dans les interstices des murs de pierre sèche, là où le randonneur imprudent pourrait poser la main. L’animal ne cherche pas l’affrontement, mais réagit à une pression ou une intrusion dans son micro-habitat, utilisant ses forcipules comme un mécanisme de défense instantané.
Araignées et scorpions locaux
L’archipel abrite quelques espèces d’araignées, dont la veuve noire méditerranéenne (Latrodectus tredecimguttatus) et l’araignée recluse. Leur présence est discrète et les morsures restent rarissimes. Elles fréquentent les zones sèches, les tas de bois ou les jardins abandonnés. Le scorpion jaune (Buthus occitanus) est également présent, principalement dans les zones arides de Lanzarote ou Fuerteventura. Sa piqûre est vive mais généralement sans danger pour un adulte en bonne santé, sauf en cas d’allergie spécifique.
Les dangers de l’océan : méduses et poissons venimeux
L’océan Atlantique qui borde les îles est riche en biodiversité, mais certaines espèces marines exigent une prudence constante, surtout lors des périodes de fortes houles ou de changements de courants.
La caravelle portugaise (Physalia physalis)
La caravelle portugaise est un siphonophore facilement reconnaissable à son flotteur bleu-violet qui dépasse de la surface de l’eau. Ses filaments, qui peuvent mesurer plusieurs mètres de long, sont couverts de cellules urticantes puissantes. Même échouée sur le sable, une caravelle reste dangereuse : ne la touchez jamais, même si elle semble morte. La brûlure provoque une douleur intense et immédiate, pouvant entraîner des malaises ou des difficultés respiratoires chez les personnes sensibles.
Rascasses, oursins et poissons-pierres
Si vous explorez les zones rocheuses ou les piscines naturelles, soyez attentifs à l’endroit où vous posez les pieds. La rascasse (famille des Scorpaenidae) et le poisson-pierre excellent dans l’art du camouflage. Leurs épines dorsales sont reliées à des glandes venimeuses. Une piqûre sous le pied est invalidante et nécessite souvent une intervention médicale pour extraire l’épine et traiter la douleur par la chaleur. Les oursins ne sont pas venimeux, mais leurs piquants cassants peuvent s’infecter profondément s’ils ne sont pas retirés correctement.
| Espèce | Dangerosité | Habitat | Prévention |
|---|---|---|---|
| Scolopendre | Moyenne (morsure très douloureuse) | Pierres, zones sèches, jardins | Ne pas soulever de pierres à mains nues |
| Caravelle portugaise | Élevée (brûlure intense) | Pleine mer, échouée sur la plage | Surveiller les drapeaux sur les plages |
| Vive / Rascasse | Modérée (épines venimeuses) | Fonds sableux ou rocheux | Porter des chaussures d’eau |
| Serpent royal | Nulle (non venimeux) | Gran Canaria (uniquement) | Ne pas approcher, espèce invasive |
Le cas particulier des espèces invasives : le Serpent royal de Californie
Un phénomène récent concerne l’île de Gran Canaria : l’introduction accidentelle du serpent royal de Californie (Lampropeltis californiae). Ce serpent n’est pas venimeux pour l’homme. Cependant, sa multiplication rapide pose un problème écologique majeur pour la survie des lézards endémiques de l’île.
Pour le touriste, la rencontre avec ce serpent peut être impressionnante car il peut mesurer plus d’un mètre et présente des anneaux contrastés. Si vous en croisez un, il n’y a aucun risque de morsure mortelle, mais il est recommandé de ne pas essayer de le manipuler et de signaler sa présence aux autorités locales (112) pour aider aux programmes de régulation de cette espèce invasive.
Guide pratique : prévention et gestes d’urgence
La majorité des incidents avec la faune aux Canaries surviennent par inadvertance. Adopter quelques réflexes simples permet de réduire le risque.
Comment éviter les incidents ?
- En randonnée : Portez des chaussures fermées et des chaussettes montantes. Évitez de glisser vos mains dans des anfractuosités rocheuses ou sous des pierres sans visibilité.
- À la plage : Respectez scrupuleusement la signalisation. Un drapeau jaune ou spécifique « méduses » n’est pas à prendre à la légère. L’utilisation de chaussures de plage en néoprène est vivement conseillée pour explorer les zones de rochers.
- Avec les enfants : Apprenez-leur à ne pas toucher les « bulles bleues » sur le sable et à ne pas retourner les pierres sèches dans les jardins.
Que faire en cas de piqûre ou de morsure ?
- Pour une méduse ou caravelle : Ne frottez surtout pas avec du sable ou de l’eau douce, car cela fait éclater les cellules urticantes restantes. Rincez abondamment à l’eau de mer. Retirez les filaments visibles avec une pince ou une carte de crédit.
- Pour une vive ou une rascasse : Le venin est thermolabile. Trempez la zone piquée dans une eau aussi chaude que supportable, environ 45°C, pendant 30 minutes.
- Pour un scolopendre ou une araignée : Désinfectez la plaie avec un antiseptique. Appliquez de la glace pour limiter l’oedème. Si des symptômes généraux apparaissent comme des vertiges ou des difficultés respiratoires, contactez immédiatement les secours.
En cas de doute ou de réaction allergique, le numéro d’urgence unique est le 112. Les services de secours canariens sont habitués à traiter ces pathologies saisonnières et disposent des soins adaptés dans chaque centre de santé de l’archipel.
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