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Réserve des Salins du Lion : 53 hectares de biodiversité à découvrir près de Marseille

Maëlle Durand 5 min de lecture

Située sur la commune de Vitrolles, la réserve ornithologique des Salins du Lion est une enclave de biodiversité inattendue dans un environnement marqué par l’activité industrielle. Ce site de 53 hectares, autrefois dédié à l’extraction du sel, est devenu un sanctuaire pour l’avifaune et une zone humide majeure sur les rives de l’Étang de Berre. Entre terre et mer, ce lieu offre une immersion dans un écosystème restauré où le silence est seulement interrompu par le chant des oiseaux migrateurs.

Une histoire de sel et de résilience écologique

L’histoire des Salins du Lion remonte à plusieurs siècles, avec des traces d’exploitation saline dès l’an 822. Durant plus d’un millénaire, l’homme a façonné ce paysage pour récolter le sel, créant un réseau complexe de bassins et de canaux. L’activité industrielle a pris fin en 1955, laissant un terrain remodelé qui a entamé une transition naturelle.

Flamants roses dans la réserve ornithologique des Salins du Lion à Vitrolles
Flamants roses dans la réserve ornithologique des Salins du Lion à Vitrolles

En 1973, le rachat du site par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Marseille a permis de préserver son caractère humide. Aujourd’hui gérée en partenariat avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), la réserve est une reconversion réussie où les anciennes tables salantes servent de garde-manger et de zone de repos pour des milliers d’oiseaux.

La structure hydraulique du site

Le fonctionnement de la réserve repose sur une gestion précise des niveaux d’eau. Les deux étangs principaux, alimentés par les eaux de ruissellement et les infiltrations, maintiennent une humidité constante nécessaire à la survie des micro-organismes dont se nourrissent les oiseaux. Cette stabilité hydraulique permet au site de rester attractif, même lors des étés méditerranéens les plus arides.

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Un kaléidoscope d’habitats : de la sansouire aux plans d’eau

La richesse de la réserve des Salins du Lion réside dans la diversité de ses milieux. Une zone humide est une mosaïque de biotopes qui répondent aux besoins d’espèces spécifiques.

Localisation de la réserve ornithologique des Salins du Lion

On y trouve notamment la sansouire, formation végétale typique des milieux salins, dominée par la salicorne. Ce tapis végétal rasant, capable de supporter de fortes concentrations de sel, est un lieu de nidification pour certains passereaux. Les zones de vasières sont le terrain de chasse favori des limicoles qui y débusquent vers et petits crustacés à l’aide de leurs becs effilés.

L’observation du vivant sur ce site suit un rythme cyclique où chaque espèce arrive à une période précise de la saison. Ce mouvement entre le nord et le sud de l’Europe trouve ici un point d’ancrage stable. Le visiteur comprend vite que la réserve est un mécanisme biologique complexe où la présence d’un héron ou d’un vol de flamants dépend directement de la lumière et de la température de l’eau, marquant le passage du temps biologique sur le temps humain.

Les espèces emblématiques à observer

Le site abrite une faune variée tout au long de l’année. Le Flamant rose, symbole de la région, fréquente les eaux peu profondes pour filtrer les petits invertébrés. L’Aigrette garzette, reconnaissable à son plumage blanc et ses doigts jaunes, est présente toute l’année. Le Martin-pêcheur d’Europe, petit éclair bleu, apprécie les zones calmes pour chasser, tandis que le Chevalier guignette est souvent observé sur les bordures vaseuses des étangs.

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Guide pratique pour une visite réussie

Pour profiter de la réserve tout en respectant la quiétude des animaux, quelques règles s’imposent. Le site est un espace fragile où l’observation doit se faire en toute discrétion. Il est conseillé de se munir de jumelles ou d’un appareil photo avec un zoom puissant, car les oiseaux restent souvent à distance des sentiers.

Le sentier principal permet de faire le tour du site et offre plusieurs points de vue sur les plans d’eau. La balade est accessible à tous, mais nécessite des chaussures de marche confortables, car les chemins peuvent devenir glissants ou boueux après la pluie.

Quand se rendre aux Salins du Lion ?

La réserve est ouverte toute l’année, mais certaines périodes sont plus propices selon vos centres d’intérêt. Au printemps, vous pourrez observer la nidification et écouter les chants des passereaux et des échasses blanches. En été, le site accueille des flamants roses et des grandes aigrettes après la période de reproduction. L’automne est marqué par la migration vers le sud des limicoles et des canards, tandis que l’hiver est la saison idéale pour observer les cormorans et les canards souchets.

L’engagement de la LPO et les actions de sensibilisation

La gestion des Salins du Lion va au-delà de la surveillance des niveaux d’eau. La Ligue pour la Protection des Oiseaux y mène un travail pour sensibiliser le public aux enjeux de la biodiversité urbaine. Des balades naturalistes sont régulièrement organisées, notamment lors d’événements comme la Journée Mondiale des Zones Humides.

Ces sorties encadrées permettent de découvrir les secrets du site, d’apprendre à identifier les oiseaux par leur cri et de comprendre l’importance des zones humides dans la lutte contre le changement climatique. Ces milieux agissent comme des éponges naturelles, régulant les crues et stockant le carbone, tout en offrant un îlot de fraîcheur en périphérie de l’agglomération marseillaise.

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Participer à la protection du site

Chaque visiteur peut contribuer à la préservation de ce sanctuaire en adoptant un comportement responsable. Rester sur les sentiers balisés, ne pas laisser de déchets et garder le silence sont des gestes simples mais efficaces. La réserve est un espace de cohabitation où l’homme est l’invité de la nature sauvage. Maintenir cet équilibre garantit que les générations futures pourront observer le vol des flamants au-dessus des anciens salins.

Maëlle Durand